Michael Haneke
Michael Haneke au Festival de Cannes 2009
Naissance | 23 mars 1942 (70 ans) Munich |
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Nationalité | Autriche |
Profession | Réalisateur, scénariste |
Films notables | Le Septième Continent Benny’s Video Funny Games La Pianiste Caché Le Ruban blanc Amour |
Michael Haneke est un réalisateur et scénariste autrichien né le 23 mars 1942 à Munich.
Après avoir travaillé au théâtre et à la télévision, Michael Haneke se fait connaître comme cinéaste au cours des années 19901. Ses mises en scène explorent une généalogie du mal ordinaire dans nos sociétés que ce soient par la culture télévisuelle (Benny’s Video), le racisme et l’histoire refoulée (Caché), l’incommunicabilité (Code inconnu), la pression socio-familiale et la névrose sexuelle (La Pianiste), les diktats de la société de consommation(Le Septième Continent), les dogmes religieux (Le Ruban blanc) ou encore la vieillesse et la dégradation tant psychologique que physique (Amour)1,2,3. Une partie de la critique le classe dans la « cinéphilosophie »4,3.
Haneke ouvre une expérience de spectateur traumatique dans la dureté des scènes exposées ou la manifestation d’une brutalité insoutenable, généralement hors-champ1,5. Ses films ont souvent divisé la presse et le public3,6.
Dix de ses longs métrages ont été sélectionnés au Festival de Cannes, d’abord en section parallèle puis à partir de Funny Games, en compétition7. À Cannes, Haneke a gagné de nombreuses récompenses : le Grand Prix, le Prix de la mise en scène puis la Palme d’or à deux reprises8. Il est le sixième réalisateur à être doublement palmé après Francis Ford Coppola, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Bille August et les frères Dardenne.
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Biographie[modifier]
Michael Haneke est le fils de l’acteur protestant Fritz Haneke et de l’actrice catholique Beatrix von Degenschild. Il a aussi un lien familial avec le comédien Christoph Waltz. En seconde noce, la mère d’Haneke épouse en effet le compositeur et chef d’orchestre Alexander Steinbrecher. Après la mort de Beatrix Degenschild, Steinbrecher se marie avec Elisabeth Urbancic, la mère de Waltz. Steinbrecher est donc tour à tour le beau-père du cinéaste et celui de l’acteur.
Michael Haneke grandit dans la ville de Wiener Neustadt, située au sud de la capitale autrichienne et étudie la philosophie, la psychologie et l’art dramatique à l’université de Vienne.
Il devient critique de cinéma de 1967 à 1970 puis travaille en tant que rédacteur pour la station de télévision allemande Südwestrundfunk. Passé à la mise en scène, il dirige, tant en Autriche qu’en Allemagne, plusieurs pièces du répertoire traditionnel, d’August Strindberg à Johann Wolfgang von Goethe en passant par Heinrich von Kleist. Il monte ses premiers spectacles à Baden-Baden (début avec la pièce Des journées entières dans les arbres de Marguerite Duras) puis à Darmstadt, Düsseldorf, Francfort et Stuttgart avant de partager son temps entre Munich, Berlin et Vienne. Il débute comme réalisateur pour la télévision en 1973. En 1980, il se fait remarquer avec un téléfilm ambitieux, d’une durée de quatre heures, consacré aux jeunes nés dans les années 1950 : Les Lemmings9.
Son premier film pour le cinéma, Le Septième Continent (1989), qui décrit de manière clinique le suicide progressif d’une famille, est initialement refusé par la télévision9. D’emblée, son univers se caractérise par une vision conceptuelle et profondément pessimiste du monde contemporain, avec en toile de fond, comme les romans d’Elfriede Jelinek, la société autrichienne qu’il critique ouvertement10.
Trois ans plus tard, le controversé Benny’s Video qui met en scène un adolescent devenu meurtrier par hasard et dont les parents effacent le crime, approfondit cette démarche et fait connaître Haneke au-delà des frontières austro-allemandes9. 71 fragments d’une chronologie du hasard dépeint la vie ordinaire de nombreux personnages avant leur assassinat lors d’un braquage de banque.
Funny Games, histoire d’une famille torturée et décimée, confirme sa réputation de polémiste et met en évidence son style implacable et percutant de clinicien traquant sans relâche les tares humaines et la barbarie qui sommeillent dans la civilisation occidentale en général et la société autrichienne en particulier9. Au départ, Haneke pense à Isabelle Huppert pour le rôle de la mère assassinée mais elle le refuse11. Si le film déclenche une vive polémique à sa sortie, il devient, au fil des années, une œuvre culte ce que le réalisateur regrette car ce statut repose, selon lui, sur un malentendu8. Une certaine confusion entre le message de fond et l’aspect attractif de tortures mises en scène de manière vraisemblable lui auraient, un temps, donné l’envie de détruire ce film mais il dit aujourd’hui l’assumer entièrement8,12.
En 1997, Haneke réalise également, pour la télévision, une adaptation remarquée du Château de Franz Kafka, interprétée par les deux comédiens principaux de Funny Games : Ulrich Mühe et Susanne Lothar.
Trois ans plus tard, il signe sa première réalisation en français : Code inconnu, film-mosaïque sur l’isolement, l’immigration, le rejet de l’autre et la difficulté de communiquer8.
Son plus grand succès public vient en 2001 avec La Pianiste, adapté du roman homonyme de Jelinek. Il y dresse le portrait d’une professeur de piano, victime de sa mère castratrice et de son sens névrotique de la perfection, qui trouve refuge dans la consommation de films pornographiques, le voyeurisme et des fantasmes sado-masochistes10. La sulfureuse thématique sexuelle et des scènes très crues provoquent des chahuts au sein de la critique et du public13,14,15 mais l’œuvre vaut à son auteur le Grand Prix du Jury à Cannes et honore d’un double Prix d’interprétation Isabelle Huppert et Benoît Magimel16. Elle permet également à Annie Girardot de gagner un César.
Haneke poursuit alors une carrière de réalisateur de portée européenne. Avec Le Temps du loup en 2003, film d’anticipation qui raconte le désœuvrement d’individus dans un abri rural suite à une catastrophe dont on ignore la nature, il ouvre une interrogation sur le devenir de l’humanité et des dangers qui la guettent8. Caché, film sur l’humiliation et le retour du refoulé, est interprété par Daniel Auteuil, Juliette Binoche et Maurice Bénichou. Il reçoit un accueil critique très favorable et le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 200517.
En 2006, Haneke signe sa première mise d’opéra avec Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart, présentée au palais Garnier à Paris. Le spectacle est repris en mars 2012 à l’Opéra Bastille18.
Sollicité par des producteurs américains suite au succès outre-Atlantique de certains de ses films, il réalise lui-même en 2008 le remake de son classique Funny Games : Funny Games U.S. avec Tim Rothet Naomi Watts dans les rôles principaux. Il s’agit d’une reproduction à l’identique, plan par plan, de l’œuvre originale11.
Le jury du Festival de Cannes 2009, présidé par Isabelle Huppert, lui attribue une première Palme d’or pour Le Ruban blanc, son premier film à costume, tourné en noir et blanc et dont le thème est le basculement d’une société villageoise du Nord de l’Allemagne dans l’obscurantisme à l’aube de la Première Guerre mondiale. Au départ, l’œuvre est prévue pour la télévision et constitue une mini-série de trois épisodes mais la productrice Margaret Ménégoz convainc Haneke d’en réduire la durée pour en faire un long métrage de plus de deux heures et le scénariste Jean-Claude Carrière est sollicité pour raccourcir le scénario19. L’accueil critique est globalement enthousiaste et le film reçoit, en 2010, le Golden Globe du meilleur film étranger ainsi qu’une nomination à l’Oscar dans la catégorie équivalente20,21.
Le jury du Festival de Cannes 2012, présidé par Nanni Moretti, décerne au cinéaste sa seconde Palme d’or pour Amour, film racontant la déchéance physique et psychologique d’un couple d’urbains octogénaires confronté à la maladie, incarné par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva. L’œuvre s’inspire de la propre histoire de son auteur et de celle d’une tante qui l’a élevé22. Elle s’axe sur l’un des rares scénarios qu’il n’a pas écrit dix ans auparavant23. La presse, dans son ensemble, encense le film : certaines critiques le considèrent comme la réalisation la plus personnelle et la plus sensible d’Haneke24,25. En 2013, Amour reçoit cinq nominations aux Oscars : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur film étranger, Meilleure actrice (Emmanuelle Riva) et Meilleur scénario original. Il est également récompensé par le Golden Globe du meilleur film étranger et par les cinq Césars majeurs : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur pour Trintignant, Meilleure actrice pour Riva et Meilleur scénario original.
Style et thématiques de Michael Haneke[modifier]
Michael Haneke (au centre),Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva et Isabelle Huppert lors de la présentation d’Amour au Festival de Cannes 2012.
Rythme[modifier]
Le rythme des films de Michael Haneke est souvent marqué par une dilatation du récit. Il peut n’y avoir aucune véritable intrigue ou aucun nœud dramatique clair (71 fragments…, Code inconnu). Le réalisateur traite son tempo narratif de manière musicale, jouant sur le contraste, le contrepoint, la pause, la nuance, la rupture, l’accélération et l’ellipse26. Sur le plan formel, il étire la durée de ses plans et inclut des périodes de vide, de frustration, voire d’irritation tant pour le personnage que pour le spectateur6. De même, il utilise fréquemment la présence d’un mystère en trompe-l’œil qui restera en partie non dévoilé, en donnant toutefois des éléments d’interprétations possibles (Caché, Le Temps du loup, Le Ruban blanc, l’ouverture d’Amour).
Violence[modifier]
Le cinéaste innove particulièrement dans la manière de mettre en scène la violence. En effet, son œuvre, d’une radicalité assumée, propose une réflexion sur les comportements archaïques au cœur de la civilisation occidentale1. Sans être stylisée ou spectaculaire, cette violence sous-jacente surgit de manière structurelle et extrême, notamment dans le début de ses films26. Elle est souvent plus suggérée que montrée frontalement : le meurtre de la jeune fille, rendu par les cris stridents hors-champ dans Benny’s Video, les scènes de torture et de meurtre dans Funny Games, signifiées par des hurlements ou du sang sur un téléviseur, la mutilation génitale que s’inflige le personnage de La Pianiste, filmé de profil27,8… Cette violence n’est généralement pas justifiée de manière évidente, ce qui rend la mise en scène encore plus sèche et brutale et les procédés qui la rendent palpable créent, entre proximité et distance totale, un malaise tel que la notion de « pornographie de l’épure », fut utilisée par le magazine Télérama à propos de Funny Games :
« […] peut-on impunément filmer l’horreur sans prendre parti ? L’impassibilité qu’il revendique amène Haneke à un curieux choix esthétique : ce qu’on pourrait appeler la pornographie de l’épure. Prenez le plan de sept minutes où il filme, de loin, un gamin mort, une femme, couverte d’ecchymoses, qui sautille pour se libérer de ses liens et un homme qui éclate en sanglots convulsifs. Apparemment, c’est parfait : pas de sang, une caméra immobile ou presque (un léger panoramique). On est dans la dignité irréprochable. Sauf que cette dignité est fausse. Les longs plans fixes d’un Angelopolous ou d’un Tarkovskibouleverseraient par leur sincérité. Celui-là est calculé, malin, artificiel. L’impudence naît de cette pudeur forcée. La première règle d’un cinéaste qui se respecte, c’est la liberté qu’il laisse aux spectateurs d’aimer ou non les personnages. Ici, les personnages sont des marionnettes, et les spectateurs des cobayes de laboratoire. Sur l’écran, les deux meurtriers nous font des clins d’œil, pour nous rendre complices du plaisir qu’ils prennent à tuer. »28.
La barbarie amplifiée par les images issues de l’industrie du divertissement et du spectacle (télévision, jeux vidéo, films d’action hollywoodiens, hardrock) et les civilités de la bonne société s’échangent et se confondent27. En réalité, Haneke met en scène une violence banalisée et générée par un univers familier et quotidien29.
Rêve et réalité[modifier]
Michael Haneke alterne récits intimistes centrés sur quelques personnages (Benny’s Video, La Pianiste, Amour), huis clos (Funny Games, Amour) et fresques unanimistes, proches dans leur conception du « théâtre épique » défini par Bertold Brecht (71 fragments…, Le Temps du loup, Le Ruban blanc). Le cinéaste affirme vouloir mêler divers registres afin d’éviter le sens unique et le film à thèse1 : bien que situées dans un cadre très réaliste, ses œuvres manifestent un certain maniérisme et laissent une large place à l’irrationnel. Elles s’aventurent parfois aux frontières de l’onirisme, voire d’un fantastique kafkaïen. Le final de Caché et du Temps du loup, les annonces prophétiques et la conclusion du Ruban blanc ou encore les apparition et disparition du pigeon et la traversée, par Jean-Louis Trintignant, d’un couloir sombre et inondé dans Amour se situent volontairement du côté de l’irréalité ou du cauchemar. Par ailleurs, le film est régulièrement renvoyé à sa nature d’artifice et de mensonge (la mise en abyme et « l’image dans l’image » dans Benny’s Video et Caché, les clins d’œil au public et les apartés du meurtrier ou encore l’effet « rembobiné » d’une séquence de mise à mort dans Funny Games…)30. Le cinéaste explique lui-même cette démarche : « Si le cinéma veut être une forme d’art, il doit nécessairement d’abord s’interroger sur son pouvoir de figuration. C’est une question essentielle. Sans ça, il est trop facile d’en user pour imposer une vision simpliste du réel ; ou manipuler le spectateur, prétendre le divertir pour lui imposer un sens. »3.
Rapport à l’image du spectateur[modifier]
Le metteur en scène met sans cesse le spectateur de ses films en situation d’inconfort6. La manière habituelle de percevoir une œuvre cinématographique est en effet changée par la volonté de rejeter toute lecture psychologique, de provoquer des réactions vives et émotives et d’interroger le public sur sa responsabilité de « témoin » face aux scènes exposées. Des questions d’ordre social, politique, historique, culturel ou moral lui sont assénées sans jamais qu’aucune réponse soit apportée29. Caché, par exemple, met en scène de manière métaphorique certains éléments de la Guerre d’Algérie à travers la relation entre Daniel Auteuil et Maurice Bénichou mais laisse totalement ouverte la façon d’interpréter le retour de l’histoire refoulée dans l’existence d’individus ordinaires. Plus globalement, le cinéaste interpelle sur la manière systématique de figurer la réalité et de la confondre avec ce qui est montré sur l’écran : la vérité semble insaisissable et le réel apparaît avant tout comme une série de fragments visuels et sonores, apparemment sans lien logique. Cette représentation d’images énigmatiques est notamment visible dans Le Septième Continent et Code inconnu27. 71 fragments… éparpille, quant à lui, des séquences mises au hasard que chacun est amené à rassembler selon sa pensée31. En effet, l’image en elle-même est utilisée par Michael Haneke dans un questionnement sur sa capacité à manipuler celui qui la regarde31. Benny’s Video, Code inconnu, Caché et La Pianiste opèrent en ce sens une confusion volontaire, par endroits, dans le passage d’une image à l’autre : la fiction se télescope avec des bandes de caméscope, des séquences télévisées ou des jeux vidéos. La frontière entre les différents niveaux d’image est brouillée et à l’instar des personnages, le public devient le miroir de diverses phobies et névroses29. Par ailleurs, Haneke montre la manière dont les médias de masse mettent chaque image sur le même plan, sans jamais les hiérarchiser29.
Rejet du cinéma commercial américain[modifier]
Le réalisateur s’oppose à un courant du cinéma américain, initié entre autres par Oliver Stone et Quentin Tarantino, qui n’offrirait que des images violentes, spectaculaires et sans distance critique. Pour Haneke, cette veine postmoderne et ultra-violente de la production américaine serait incapable de réaliser son pouvoir sur le spectateur pour qui elle rendrait le sang et la souffrance attractifs8. Il explique que les films qui en sont issus déréalisent la violence et que la manière de la montrer, masquée sous une fausse posture de vraisemblance, devient le prétexte d’un défilé de scènes grandiloquentes, promptes à faire l’apologie de valeurs fascisantes telles l’autodéfense et la vengeance32. Fidèle à sa méthode, il dit vouloir aiguiser, en réaction, une forme de conscience au-delà des représentations primitives. Néanmoins, avec sa trilogie autrichienne, consacrée au thème de la « glaciation émotionnelle »27 (Le Septième Continent, Benny’s Video et 71 fragments…), il montre également son désir de s’éloigner d’uncinéma d’auteur complaisant et trop agréable dans son approche esthétique1.
Choix esthétiques[modifier]
La mise en scène d’Haneke révèle une rigueur mathématique dans la composition des plans et l’usage du montage33. Elle accorde par ailleurs un soin extrême au son33. Généralement, ses réalisations n’utilisent pas de plage musicale (les rares morceaux de musique sont joués ou écoutés par les personnages) et privilégient des plans fixes, des plans-séquences, des cadrages serrés et des plans de coupe aux couleurs ternes31. Le montage parallèle est aussi fréquemment employé au même titre qu’une bande sonore précise, reconstituant d’une façon très signifiante diverses ambiances : l’eau stridente du robinet ou la pluie battante dans Amour, le craquement saturé du plancher dans La Pianiste, etc. Michael Haneke peut consacrer plus de deux mois à travailler le son et le mixage après l’achèvement du montage27. Il utilise par ailleurs de manière répétée les transitions brutales marquant le passage du temps, comme de brefs écrans noirs27.
Influences[modifier]
Michael Haneke et les acteurs duRuban blanc au Festival de Cannes 2009.
Admirateur d’Ingmar Bergman, de Robert Bresson et de Pier Paolo Pasolini, le cinéaste évoque dans Le Ruban blanc par le sujet, les cadres, le noir et blanc et la lumière, sa fascination pour l’œuvre de Carl Theodor Dreyer34,3,31. Dans ce film, des analogies peuvent être également trouvées avec Le Village des damnés de Wolf Rilla, Le Village de M. Night Shyamalan et Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel8. Michael Haneke semble par ailleurs être influencé, sur le plan littéraire, par Franz Kafka et Frank Wedekind (notamment par L’Éveil du printemps)8. D’autres références peuvent être notées dans ses œuvres : Caché évoque, sur plusieurs points, Lost Highway de David Lynch, notamment pour l’histoire d’un couple perturbé par la réception de cassettes vidéo anonymes et Blow Up de Michelangelo Antonioni pour la notion d’image dans l’image et de projection fantasmatique8. Le Temps du loup rappelle, quant à lui, le cinéma d’Andreï Tarkovski8.
Thèmes[modifier]
Les thèmes ou motifs récurrents de ses films sont29 :
- Une représentation d’une violence ordinaire — et de divers formes d’humiliation —, déréalisée et souvent sans motif.
- Une critique dirigée contre les médias de masse, en particulier la télévision.
- Une dénonciation de la culture du divertissement et du spectacle (films d’action, télévision, jeux vidéo) et la manière dont celle-ci banalise la violence.
- Une « glaciation émotionnelle », ou déshumanisation de la classe moyenne et bourgeoise occidentale (intrusion d’une menace sourde et inexplicable dans un univers familier, banal ou quotidien).
- Une désagrégation de la cellule familiale dans la société moderne.
- Des descriptions d’enfance ou d’adolescence sadiques et meurtrières.
- Un refus ou une incapacité de communiquer directement avec l’autre et une impossibilité d’exprimer ou de faire comprendre toute souffrance psychologique.
- Une approche des problèmes du racisme et du refoulement de l’histoire.
- Une volonté de vouloir laisser la porte ouverte à de nombreuses interprétations : critique de la manière de « fournir les réponses en même temps que les questions » des médias modernes.
- Des personnages nommés Georges et Anna (ou des variantes de ces mêmes noms).
Collaborations multiples[modifier]
Fidèle dans le travail, Haneke a collaboré à plusieurs reprises avec les comédiens Susanne Lothar et Udo Samel (quatre fois), Isabelle Huppert, Ulrich Mühe et Maurice Bénichou (trois fois), Juliette Binoche,Annie Girardot et Arno Frisch (deux fois) ainsi qu’avec les techniciens Jürgen Jürges, Christian Berger, Darius Khondji, Monika Willi et Nadine Muse ou les producteurs Veit Heiduschka, Marin Karmitz, Alain Sarde et Margaret Ménégoz27.
Filmographie[modifier]
Télévision
- 1973 : …Und was kommt danach ?
- 1974 : After Liverpool
- 1976 : Spermüll
- 1976 : Drei Wege zum See
- 1979 : Lemminge
- 1983 : Variationen
- 1984 : Wer war Edgar Allen ?
- 1985 : Fräulein
- 1991 : Nachruf für einen Mörder
- 1992 : Die Rebellion
- 1997 : Le Château (Das Schloß)
Cinéma
- 1989 : Le Septième Continent (Der siebente Kontinent)
- 1992 : Benny’s Video
- 1994 : 71 Fragments d’une chronologie du hasard (71 Fragmente einer Chronologie des Zufalls)
- 1997 : Funny Games
- 2000 : Code inconnu
- 2001 : La Pianiste
- 2003 : Le Temps du loup
- 2005 : Caché
- 2007 : Funny Games U.S.
- 2009 : Le Ruban blanc (Das Weiße Band)
- 2012 : Amour
Court métrage
- 1995 : Lumière et Compagnie (réalisateur de la séquence Vienne)
Distinctions[modifier]
- Membre de l’Académie des arts de Berlin (2002)35
- Commandeur des Arts et des Lettres (2010)
- Chevalier de la Légion d’honneur (2012)
Prix[modifier]
- 2001 : Grand Prix du Jury au 54e Festival de Cannes pour La Pianiste
- 2001 : Lola du meilleur film étranger pour La Pianiste
- 2003 : Prix du meilleur scénario au Festival international du film de Catalogne pour Le Temps du loup
- 2005 : Prix de la mise en scène, Prix du Jury œcuménique et Prix FIPRESCI de la Critique internationale au 58e Festival de Cannes pour Caché
- 2005 : Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur européen aux European Film Awards pour Caché
- 2006 : Étoile d’or du scénariste pour Caché
- 2009 : Palme d’or, Prix FIPRESCI de la Critique internationale36, Prix de l’Éducation nationale37 et Mention spéciale du jury œcuménique38 au 62e Festival de Cannes pour Le Ruban blanc
- 2009 : Prix du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénariste européen aux European Film Awards pour Le Ruban blanc
- 2010 : Golden Globe du meilleur film étranger pour Le Ruban blanc
- 2010 : Lola du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour Le Ruban blanc
- 2012 : Palme d’or au 65e Festival de Cannes pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur européen aux European Film Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au New York Film Critics Circle Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au New York Film Critics Online Awards pour Amour
- 2013 : Prix du meilleur film en langue étrangère au National Board of Review Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Washington D.C. Area Film Critics Association Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Boston Society of Film Critics Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film au Los Angeles Film Critics Association Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Las Vegas Film Critics Society Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Chicago Film Critics Association Awards pour Amour
- 2012 : Prix du meilleur film en langue étrangère au Kansas City Film Critics Circle Awards pour Amour
- 2013 : Prix du meilleur film et du meilleur réalisateur au National Society of Film Critics Awards pour Amour
- 2013 : Golden Globe du meilleur film étranger pour Amour
- 2013 : Prix Lumière du meilleur film pour Amour
- 2013 : London Film Critics Circle Awards du film et du scénariste de l’année pour Amour
- 2013 : BAFTA Awards : Meilleur film étranger pour Amour
- 2013 : Étoile d’or du réalisateur pour Amour
- 2013 : Prix Méliès du meilleur film français pour Amour
- 2013 : Césars du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original pour Amour
Nominations et sélections[modifier]
Oscars[modifier]
- 2010 : nomination à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour Le Ruban blanc
- 2013 : nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur pour Amour
- 2013 : nomination à l’Oscar du meilleur scénario original pour Amour
- 2013 : nomination à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère pour Amour
BAFTA[modifier]
- 2002 : nomination au BAFTA du meilleur film étranger pour La Pianiste
- 2010 : nomination au BAFTA du meilleur film étranger pour Le Ruban blanc
- 2013 : nomination au BAFTA du meilleur réalisateur pour Amour
- 2013 : nomination au BAFTA du meilleur scénario original pour Amour
Césars[modifier]
- 2006 : nomination au César du meilleur réalisateur pour Caché
- 2006 : nomination au César du meilleur scénario original pour Caché
- 2010 : nomination au César du meilleur film étranger pour Le Ruban blanc
Festival de Cannes[modifier]
- 1997 : sélection officielle, en compétition – Funny Games
- 2000 : sélection officielle, en compétition – Code inconnu
- 2001 : sélection officielle, en compétition – La Pianiste
- 2003 : sélection officielle, hors compétition – Le Temps du loup
- 2005 : sélection officielle, en compétition – Caché
- 2009 : sélection officielle, en compétition – Le Ruban blanc
- 2012 : sélection officielle, en compétition – Amour
Notes et références[modifier]
- ↑ a, b, c, d, e et f Article Michael Haneke [archive] de l’encyclopédie Universalis, consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ François-Guillaume Lorrain, « Haneke, la généalogie du mal », Le Point, 21 mai 2009 [texte intégral [archive]]
- ↑ a, b, c, d et e Alexandre Prouvèze, « Portrait de Michael Haneke Cinéaste du mal ? », Évène, 19 octobre 2009 [texte intégral [archive]]
- ↑ Juliette Cerf, « Le succès de la « cinéphilosophie » », Télérama, 19 mai 2012 [texte intégral [archive]]
- ↑ Télérama, « Michael Haneke : “Comment peut-on se repaître de la souffrance d’autrui, même à travers un écran” [archive] », consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ a, b et c Stéphane Delorme, « Les misanthropes », Cahiers du cinéma,1er novembre 2012 [texte intégral [archive]]
- ↑ Paperblog « Avant Amour, Haneke explorait Le Septième Continent [archive] », consulté le 19 cotobre 2012.
- ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Romain Le Vern, « Amour : Michael Haneke, sa belle histoire d’amour avec Cannes », TF1, 24 octobre 2012 [texte intégral [archive]]
- ↑ a, b, c et d Article « Michael Haneke » [archive] sur l’encyclopédie Larousse, consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ a et b Article La Pianiste [archive] sur l’encyclopédie Universalis, consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ a et b Anecdotes du film Funny Games U.S sur AlloCiné.fr [archive], consultées le 31 octobre 2012.
- ↑ Mathilde Blottière, « Michael Haneke : “Comment peut-on se repaître de la souffrance d’autrui, même à travers un écran” », Télérama, 26 avril 2008 [texte intégral [archive]]
- ↑ Fiche Larousse sur La Pianiste [archive], consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ Sophie Bonnet, « Critique de La Pianiste », Les Inrocks, 05 septembre 2001 [texte intégral [archive]]
- ↑ Gérard Lefort, « Haneke, maso vocce », Libération, 05 septembre 2001[texte intégral [archive]]
- ↑ [vidéo] Cannes 2001 : palmarès et réactions [archive] sur Ina.fr
- ↑ [vidéo] Festival de Cannes 2005 : distribution des palmes [archive] sur Ina.fr
- ↑ Patrick Sourd, « Le Don Giovanni fantasmagorique de Michael Haneke », Les Inrocks, 15 mars 2012 [texte intégral [archive]]
- ↑ AlloCiné.fr « Rencontre avec Margaret Ménégoz, productrice d’Amour [archive] », consulté le 31 octobre 2012.
- ↑ Critiques presse pour le film Le Ruban blanc sur AlloCiné [archive], consulté le 22 janvier 2013.
- ↑ Taux de satisfaction du Ruban blanc sur Rotten Tomatoes [archive](85 % d’avis favorables), consulté le 22 janvier 2013.
- ↑ CinéObs.fr « Michael Haneke : “Sans Trintignant, je n’aurais pas faitAmour“ [archive] », consulté le 20 décembre 2012.
- ↑ « Michael Haneke, ou l’art du détail pour atteindre la vérité [archive] », par Michel Guilloux dans L’Humanité du 24 octobre 2012.
- ↑ Critiques presse pour le film Amour sur AlloCiné [archive], consulté le 22 janvier 2013.
- ↑ Taux de satisfaction d’Amour sur Rotten Tomatoes [archive] (91 % d’avis favorables), consulté le 22 janvier 2013.
- ↑ a et b Analyse du style de Michael Haneke dans les Cahiers du cinémano 683, novembre 2012, articles « Mal, mal mal » par Jean-Philippe Tessé et « Haneke, père sévère » par Joachim Lepastier site officiel [archive].
- ↑ a, b, c, d, e, f et g Philippe Rouyer, « Michael Haneke : le tour d’une œuvre », France Inter, 24 octobre 2012 [texte intégral [archive]]
- ↑ Critiques compilées de Funny Games [archive] par Jean-Claude Loiseau, Pierre Murat, Vincent rémy, dans Télérama.
- ↑ a, b, c, d et e Michael Haneke [archive] sur Bibliothèque du film. Consulté le 26 janvier 2013
- ↑ [vidéo] Youtube « Michael Haneke on violence – cine-fils.com [archive] », consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ a, b, c et d « Jeu, hasard et société, rétrospective Haneke [archive] » par Rita Bukauskaite sur le site www.iletaitunefoislecinema.com, consulté le 26 octobre 2012.
- ↑ Stéphanie Lamome, « Funny Games US : l’interview de Michael Haneke », Première, 20 avril 2008 [texte intégral [archive]]
- ↑ a et b Analyse de la mise en scène de Michael Haneke à travers la critique de son film La Pianiste sur Cadrage.net [archive], consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ Le Temps « Le cinéaste autrichien Michael Haneke frappe sur la Croisette [archive] », consulté le 19 octobre 2012.
- ↑ (de) Michael Haneke – Seit 2002 Mitglied der Akademie der Künste, Berlin, Sektion Film- und Medienkunst [archive] sur le site de l’Académie des arts de Berlin
- ↑ [http://www.ctendance.com/article-17892.html [archive]
- ↑ Canal Plus [archive]
- ↑ Canal Plus [archive]
Annexes[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Michael Haneke, La Pianiste, Paris, Cahiers du cinéma, coll. « Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma », 2001, 124 p. (ISBN 978-2866423186)
- Michael Haneke, Le ruban blanc, Arles, France, Actes Sud, coll. « Beaux livres », 2010, 224 p. + 1 DVD (ISBN 978-2742795321)
- Michael Haneke, Michel Cieutat et Philippe Rouyer, Haneke par Haneke, Stock, coll. « Essais – Documents », 2012, 352 p. (ISBN 978-2234064850)
Entretien de Philippe Rouyer sur Darius Khondji et Michael Haneke, Canal Académie.
- Michael Haneke (trad. Bernard Mangiante), Amour, Actes Sud, coll. « Scénario », 2012, 112 p.
Liens externes[modifier]
- Michael Haneke sur l’Internet Movie Database – Version plus complète en anglais
- Michael Haneke sur AlloCiné
- Analyse vidéo de la trilogie de la Glaciation de Michael Haneke
- Michael Haneke, un parcours de cinéma : site dédié à la rétrospective organisée par l’université de Strasbourg
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Films réalisés par Michael Haneke |
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- Réalisateur autrichien
- Commandeur des Arts et des Lettres
- Membre de l’Académie des arts de Berlin
- Naissance à Munich
- Naissance en 1942
- Étudiant de l’université de Vienne
- Chevalier de la Légion d’honneur
- Prix de la mise en scène au Festival de Cannes
- César du meilleur scénario original
- César du meilleur réalisateur
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